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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 23:02

 

''Car l'Esprit permet de terribles institutions

Et il y a de subtils et énormes Pouvoirs

Qui se protègent eux-même sous le couvert de l'Ignorance .

Progénitures des gouffres, agents d'une Force sombre,

Haïssant la Lumière, ne tolérant pas la paix,

Simulant pour la pensée l'Ami et le Guide radieux,

S'opposant dans le cœur à l'éternelle volonté,

Ils voilent l'édifiant Harmoniste occulte .

Les oracles de sa sagesse sont devenus nos chaînes;

Ils ont verrouillé les portes de Dieu avec les clés du credo

Et banni par la Loi sa Grâce infatigable .

Le long des lignes de la Nature, ils ont placé leurs postes

Et ils y interceptent les caravanes de la Lumière;

Partout où les Dieux agissent, ils interviennent .

Un joug est posé sur le cœur affaibli du monde;

Masqués sont les battements de la Béatitude divine,

Et les périphéries fermées du Mental brillant

Bloquent les belles entrées du Feu céleste .

Ces sombres Aventuriers semblent toujours gagner;

Ils remplissent la Nature de leurs instituts du mal,

Tournent en défaites les victoires de la Vérité ,

Proclament fausses les lois éternelles,

Et truquent les dés du Destin avec leurs mensonges de magiciens;

Ils ont usurpé les sanctuaires du monde, usurpé ses trônes .

Méprisant les chances déclinantes des Dieux,

Ils revendiquent la création comme leur fief conquis

Et se couronnent eux-même les Seigneurs de fer du Temps .

Adeptes de l'illusion et du déguisement,

Les artisans de la chûte poignante de la Nature

Ont construit leurs autels de Nuit triomphale

Dans le temple d'argile de la vie terrestre .

Dans les enceintes vides du Feu sacré,

Devant les rétables du rite mystique

Faisant face au terrible voile que nul ne peut écarter,

Le prêtre coiffé de sa mitre entonne son hymne solennel

Invoquant en son cœur leur redoutable présence :

Leur attribuant un affreux Nom

Il chante les syllabes du texte magique,

Et convoque l'action d'une communion invisible,

Tandis qu'entre l'encens et la prière murmurée

Toute la féroce misère qui torture le monde

Est mélangée dans le calice écumant du cœur de l'homme

Et lui est versé comme un vin de sacrement .

Assumant des noms divins, ils guident et gouvernent .

Opposants du Très-Haut, ils sont venus

De leur monde de pensée et de pouvoir sans âme

Pour servir par l'hostilité le plan cosmique .

La nuit est leur refuge et leur base stratégique .

Contre le glaive de Flamme, l'Oeil de Lumière,

Ils vivent bastionnés dans les massives forteresses des ténèbres

Tranquilles et en sécurité dans leur retraite sans soleil:

Nul rayon errant du Ciel ne peut entrer là .

Blindés, protégés par leurs masques meurtriers,

Comme dans un atelier de Mort créative

Les géants fils des Ténèbres siègent et planifient

Le drame de la terre, leur scène tragique .

Tous ceux qui voudraient soulever le monde déchu, doivent passer

Sous les arches dangereuses de leur pouvoir;

Car même pour les radieux enfants des dieux

Les obscurcir est leur privilège et leur droit affreux .

Nul ne peut atteindre le ciel s'il n'est passé par l'enfer.

 

Cela aussi, le voyageur des mondes doit le braver .

Guerrier dans les luttes d'un duel immémorial,

Il entra dans une muette Nuit désespérante

Contestant les ténèbres par son âme lumineuse .

Alarmant de ses pas le seuil obscur,

Il pénétra dans une région féroce et douloureuse

Peuplée d'âmes qui jamais n'avaient goûté la félicité;

Ignorantes comme des hommes aveugles de naissance qui ne connaîtraient pas la lumière,

Elles pouvaient assimiler le plus mauvais à la plus haute bonté,

La vertu était à leurs yeux le visage du péché

Et le mal et la misère étaient leur état naturel .

Le code pénal d'une sinistre administration

Faisait de la tristesse et de la souffrance le droit coutumier,

Décrétant universelle l'absence de joie,

Ayant converti la vie en sacrement stoïque

Et le supplice en fête quotidienne.

Un acte était passé pour réprimander le bonheur;

Le rire et le plaisir étaient bannis comme des péchés mortels :

Un mental sans questions était qualifié de sage,

L'apathie silencieuse d'un cœur monotone, de paix :

Le sommeil n'était pas là, la torpeur était le seul repos,

La mort survenait sans offrir ni fin ni répit;

L'âme survivait pour souffrir toujours davantage .

Toujours plus profond, il continuait à sonder ce royaume de souffrances :

Autour de lui croissait la terreur d'un monde

D'agonie suivie d'une pire agonie encore,

Et dans cette terreur, une grande joie mauvaise

Contente de sa calamité et de celle des autres .

Là, la pensée et la vie était une longue punition,

Le souffle un fardeau et l'espoir un fléau,

Le corps un champ de supplices, un malaise amassé;

Le repos était une attente entre la douleur et la douleur.''

..........

De cette féroce substance était faite le long enfer de la vie :

C'étaient là les fils de la toile de l'araignée noire

Dans laquelle l'âme était prise, tremblante et fascinée;

C'était là la Religion, la règle de la Nature .

Dans une chapelle d'iniquité

Pour adorer l'image noire d'un Pouvoir sans pitié

Il fallait traverser à genoux d'implacables cours de pierre

Dont le pavement serait comme un sol de sort funeste .

Chaque pierre avait le tranchant d'une force impitoyable

Et collait par le sang refroidi de poitrines torturées;

Des arbres secs et noueux se dressaient comme des mourants

Raidis dans une pose d'agonie,

Et à chaque fenêtre regardait un prêtre inquiétant

Chantant des Te Deum pour que la grâce couronne la tuerie,

Cités déracinées, demeures humaines explosées,

Corps tordus et brûlés, à la bombe massacrés .

''Nos ennemis sont tombés, sont tombés'' chantaient-ils,

''Tous ceux qui s'opposaient à notre volonté sont châtiés et morts,

''Comme nous sommes grands, comme Tu es miséricordieux.''

Ainsi pensaient-ils atteindre le trône impassible de Dieu

Et le commander, alors que tous leurs actions s'y opposaient,

Grossissant leurs actes pour toucher ses cieux,

Et faire de Lui un complice de leurs crimes .

Là, aucune pitié compatissante n'avait de place,

Mais une force impitoyable et des humeurs de fer dominaient,

Une souveraineté immémoriale de terreur et d'obscurité :

Cela prenait la figure d'un Dieu ténébreux

Révéré par la misère tourmentée qu'il avait fait,

Qui tenait en esclavage un monde misérable,

Et des cœurs impuissants cloués au malheur incessant

Adoraient des pieds qui les piétinaient dans la boue .

C'était un monde de peine et de haine,

La peine pour laquelle la haine était la seule joie,

La haine pour laquelle la peine des autres était une fête;

Un rictus amer plissait la bouche souffrante;

Une cruauté tragique regardait sa sinistre chance .

La haine était l'archange noir de ce royaume ;

Il luisait comme un sombre joyau dans le cœur

Brûlant l'âme de ses rayons malveillants

Et se vautrait dans l'abime de son pouvoir chuté .''

 

         Sri Aurobindo , Savitri (Livre II chant 8, le monde du mensonge)

 

 

 

 

Là franchement, c'est pas la joie (surtout qu'elle y est bannie en plus ….)

 

                                                                 (28 octobre 2014, 23h)

 

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