Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 03:45

 

 

 

Nouvelle traduction des premiers vers du début de Savitri qui décrivent , l'air de rien – la fin étant présente au commencement - ce que l'on peut trouver tout en bas dans l'exploration des racines inconscientes du corps de l'espèce et de la terre . Pas vraiment de quoi être très joyeux et l'on comprend pourquoi les volontaires sont plus que rares. Et pendant longtemps, il faut vraiment s'accrocher.....

Si au-dessus sur les sommets du mental, l'esprit n'aspire qu'à s'éblouir, en bas il n'aspire qu'à mourir.

Fantôme devient le vaisseau, nuls les vents, terrible la Nuit semblant sans fin. Éphémères les éclaircies et les alizés qui soufflent sur les voiles ou les avancées victorieuses et les mouvements foudroyants qui rompent une désespérante guerre de tranchées. Et par la force des choses, rares les encouragements mais très précieux aussi et sans prix lorsqu'ils arrivent et d'où qu'ils viennent .

Mais à force de relier les deux contraires et comme avec Lui et sa Lumière de Vérité, par delà les sommets et par-delà les abîmes, rien n'est impossible.....

Un petit rien grandit et..... le cri, les larmes, la révolte et le chant de ce si infime et si minuscule Enfant , tout au fond, qui appelle pour que soit guérie la souffrance de la Terre, attire le plus Grand.....et une Mère infinie finit par lui répondre, se révèle et le prend dans ses bras, l'abreuvant de ses cantiques de conscience, d'amour et de joie.

En réalité, le mystérieux processus est tellement indescriptible.....

Êtres humains !

Dimension Humaine,

Tout est en nous-mêmes.

 

 

 

 

''C'était l'heure avant l'éveil des Dieux.

En travers du chemin de l’Événement divin

L'énorme pressentiment de l'esprit de la Nuit, seul

Dans son temple d'éternité inéclairé

Reposait immobile aux lisières du Silence.

On sentait presque, opaque, impénétrable

Dans le sombre symbole de son rêve sans yeux

L'abîme de l'Infini sans corps :

Un insondable zéro occupait le monde .

Un pouvoir d'être illimité mais chuté, éveillé

Entre le premier et le dernier Néant,

Se souvenant de la ténébreuse matrice d'où il venait,

Se détournait de l'insoluble mystère de la naissance

Et du long cheminement de la mortalité,

Aspirant ardemment trouver sa fin dans une Nullité vide .

 

Comme en un sombre commencement de toutes choses,

Un simulacre muet et sans traits de l'Inconnu

Répétant sans fin l'acte inconscient,

Perpétuant sans fin la volonté aveugle,

Berçait la somnolence cosmique de la Force ignorante

Dont le sommeil créateur, activé, allume les soleils

Et emportent nos vies dans son tourbillon somnambule .

A travers l'énorme et vaine transe de l'Espace,

Dans une informe stupeur sans esprit et sans vie,

Une ombre tournoyait dans un Vide sans âme,

Jetée encore une fois dans des rêves irréfléchis,

La Terre tournoyait abandonnée dans des gouffres creux,

Oublieuse de son esprit et de son destin .

Impassibles, les cieux étaient neutres, vides, immobiles .

 

Puis quelque chose a bougé dans l'obscurité inscrutable :

Un mouvement sans nom, une Idée sans pensée

Insistante, insatisfaite, sans but,

Quelque chose qui voulait être mais ne savait pas comment,

Taquinait l'Inconscient pour réveiller l'Ignorance .

Une convulsion est venu laisser une trace tremblante,

Ouvrant un espace pour un vieux besoin usé, jamais comblé

Reposant en paix dans le subconscient de sa caverne sans lune,

L'obligeant à redresser la tête, et à chercher la lumière absente,

Forçant les yeux clos d'une mémoire disparue,

Comme quelqu'un qui cherche un moi passé

Et ne trouve que le cadavre de son souhait .

 

C'était comme si même dans les profondeurs de ce Néant,

Même dans ce cœur d'ultime dissolution,

Était caché une entité sans mémoire,

Survivante d'un passé tué et enterré

Condamnée à reprendre l'effort et la douleur

Et à revivre encore une fois dans un monde échoué .

Une conscience informe désirait la lumière

Et une prescience blanche appelait un changement lointain .

Comme si un doigt innocent posé sur sa joue

Rappelait à l'insouciante Mère des univers

Le perpétuel besoin dans les choses,

Le cri ardent d'un enfant saisit le Vaste sombre .

 

Insensiblement quelque part une brèche s'ouvrit :

Une longue ligne solitaire de teinte hésitante,

Comme un vague sourire tentant un cœur déserté,

Troubla le bord lointain de l'obscur sommeil de la vie.

Venu de l'autre côté de l'immensité,

Un œil de déité perça les profondeurs muettes ;

Éclaireur venu du soleil en reconnaissance,

Il semblait au milieu de l' épais repos cosmique,

Dans la torpeur d'un monde malade et las,

Rechercher un esprit solitaire et désolé

Trop déchu pour se souvenir d'un bonheur perdu .

Survenant dans un univers amnésique,

Son message s'insinuait dans le silence réticent

Pour annoncer l'aventure de la conscience et de la joie,

Et conquérant la poitrine désillusionnée de la Nature

L'obligeait à consentir à nouveau à voir et à sentir .

Une pensée était semée dans le Vide insondé,

Un sens naissait dans les profondeurs de l'obscurité,

Une mémoire tressaillait au cœur du Temps,

Comme si longtemps morte, une âme était poussée à revivre .

Mais l'oubli qui suit la chute

Avaient effacé les tablettes combles du passé,

Et tout ce qui avait été détruit devait être reconstruit

Et l'ancienne expérience à nouveau éprouvée .

 

Tout est possible si le toucher de Dieu est là .

Un espoir furtif se glissait dans ce qui à peine osait être

Dans l' accablante indifférence de la Nuit .

Comme si sollicité dans un monde étranger,

Avec la grâce instinctive, aventureuse et timide,

D'une orpheline condamnée à chercher une demeure,

Merveille errante sans lieu pour vivre,

Vint là depuis un coin perdu des cieux

L'appel d'un lent geste miraculeux .

Le tressaillement persistant de ce contact transfigurateur

persuada la noire quiétude inerte

Et la beauté et l'étonnement troublèrent les champs de Dieu .''

 

                                     Sri Aurobindo (Savitri, Livre I, Chant 1 , L'Aube symbolique)

 

 

 

 

                                                                       (16 septembre 2014, 04h)

Partager cet article

Repost 0
Publié par Initial - dans L'Univers
commenter cet article

commentaires

M 16/09/2014 19:12


MERCI pour ces messages merveilleux, MERCI  Explorateur au Courage imperissable, Braise et Graine d'Amour ...   

Initial 17/09/2014 18:30



MERCI  M. si belle qui veut et qui aime.....      



Présentation

  • : terre-univers. Le blog des Etincelles
  • terre-univers.   Le blog des Etincelles
  • : Messages du Ciel et de la Terre. Voies Nouvelles de l'Impossible par Initial
  • Contact

Auteur

  • Initial
  • Anonyme et inconnu, n'appartenant à aucune organisation, ne vivant pas financièrement de la spiritualité, l'auteur de ce blog suit  depuis son enfance ce qu'il nomme une Voie Nouvelle de l'Impossible.
  • Anonyme et inconnu, n'appartenant à aucune organisation, ne vivant pas financièrement de la spiritualité, l'auteur de ce blog suit depuis son enfance ce qu'il nomme une Voie Nouvelle de l'Impossible.
esoterisme">

Visiteurs

 

Recherche